Station Eleven

Emily St. John Mandel
Éditions Alto, 2016


Demain, la grippe géorgienne va éclore, contaminant 99 % de la population humaine. C’est la fin de la civilisation : en quelques jours, la population est décimée, les gens se mettent à errer et essaient de survivre au chaos. Fini l’électricité, les rendez-vous chez le médecin, le restaurant, les réseaux sociaux, le téléphone, Internet.
Le roman tourne autour de Shakespeare. Plusieurs personnages se retrouvent autour du Roi Lear, une pièce jouée à Toronto au début de la pandémie. L’acteur principal, qui meurt d’une crise cardiaque sur scène et dont on va découvrir l’existence au cours de différents retours en arrière (ainsi que ses femmes et son fils), une personne du public qui va essayer de le sauver puis une jeune figurante.
Nous retrouvons cette dernière une vingtaine d’années plus tard, après catastrophe. Elle joue elle aussi dans une troupe de théâtre et de musique, la Symphonie itinérante. Leur devise : « Parce que survivre ne suffit pas ».
Et c’est de cela qu’il s’agit, de surmonter la douleur, la peine, l’horreur de l’anéantissement grâce à l’art. De montrer que l’art fait partie intégrante de nos vies et d’une société humaine.
J’ai beaucoup aimé le thème d’actualité. J’ai un faible pour les livres montrant l’écroulement de la civilisation et qui imaginent de quelle façon la vie humaine se poursuit et là, j’ai été comblé.
Du point de vue narratif, les chapitres constituent autant de morceaux de vie d’un grand puzzle de différents personnages, au présent et au passé. Il manque des bouts, on a un sentiment d’incomplétude qui ressemble tristement à la vie elle-même. Certains passages sont laissés dans l’ombre, comme tout ce qui s’est passé durant la première année suivant l’hécatombe. Et dans ce roman, il faut parfois faire un effort pour reconstituer les morceaux et comprendre qui est qui…


Peut-être que des navires appareillent en cet instant même, faisant route vers lui ou dans la direction opposée, pilotés par des marins armés de cartes et de leur science des étoiles, poussés par la nécessité ou tout bonnement par la curiosité : que sont donc devenus les pays de l’autre hémisphère ? À défaut d’autre chose, cette possibilité est agréable à envisager. Il aime à imaginer des bateaux naviguant sur les flots, vers un autre monde simplement hors de vue.


Prix des libraires du Québec 2017, prix Arthur C. Clarke, finaliste du National Book Award, finaliste prix PEN/Faulkner…

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